Les avalanches

Une avalanche est un mouvement gravitaire rapide d’une masse de neige sur un versant montagneux. Leurs natures diffèrent selon de nombreux facteurs et les causes de déclenchement peuvent être multiples. Il s’agit d’un phénomène bien connu des montagnards puisque de nombreux couloirs d’avalanches concernent des secteurs où existe une exploitation humaine de la montagne.  Des catastrophes se sont déjà produites par le passé sur tout le massif Alpin. Compte tenu de son fort caractère montagneux et de son altitude globalement élevée, le département des Hautes-Alpes est pleinement concerné par ce type d’aléa. Ces phénomènes ont un impact réel sur les activités humaines, par exemple la  RD 1091 entre la Grave et Briançon, régulièrement coupée par des avalanches en plein hiver ou encore la RD 994g qui rejoint Névache.

Déclenchement et cheminement

Les avalanches suivent un cheminement qui  se découpe en trois zones distinctes : la zone de départ, le chenal d’écoulement et la zone d’arrivée .

› Zone de départ : il s’agit de la surface, souvent en altitude, d’où va se déclencher l’avalanche. Dans cette zone, la neige s’accumule au gré des conditions météorologiques jusqu’à atteindre le point de rupture au moment du déclenchement. Une avalanche ne se déclenche que très rarement sous les 25° de pente ainsi que sur des pentes dépassant les 45°, où la neige n’a plus la possibilité de s’accumuler. En effet, la cohésion de la neige devient alors trop faible pour constituer un manteau neigeux volumineux.   Dans quelques rares cas très particuliers, des avalanches pourront se déclencher hors de cet intervalle de pente. C’est dans cette zone que l’avalanche va se constituer, accélérer et mettre en mouvement la plus grande partie de son volume de neige.

› Chenal  d’écoulement : une fois déclenchée, la plupart des avalanches s’encaissent en suivant les lignes de pentes naturelles. Ainsi, les talwegs et torrents deviennent la zone d’écoulement préférentielle de l’avalanche. Dans ces chenaux, la neige en mouvement va continuer à accélérer tant que la pente sera suffisante, accélération qui sera elle-même favorisée si l’avalanche est alimentée par de la neige fraiche supplémentaire dans ce couloir. L’avalanche ne ralentira que lorsque la pente diminuera et passera sous les 25°. Ces couloirs d’avalanche sont généralement bien visibles dans le paysage puisqu’ils sont souvent dénués d’arbres. Les avalanches y sont alors largement canalisées et leur délimitation est  habituellement assez aisée. La morphologie du versant aura donc largement son influence sur la largeur du chenal d’écoulement. Dans certains cas, l’avalanche ne s’encaisse pas et on parlera alors d’avalanches de versant, qui se concentrent le plus souvent dans les zones de haute montagne.

› Zone d’arrivée : Dans la continuité du chenal d’écoulement, l’avalanche rencontre une zone d’arrêt où la pente faiblissant, favorise le ralentissement de la neige jusqu’à son arrêt définitif. Entre 25° et 15° de pente, la vitesse de la neige diminue fortement et sous les 15°, les écoulements denses s’arrêteront pendant que la partie aérienne de l’avalanche, si elle existe, pourra continuer. La surpression générée par le nuage aérosol pourra engendrer des dégâts sur la végétation et les infrastructures. Ce phénomène, appelé « souffle de l’avalanche », peut générer des dommages importants sans dépôt de neige au sol visible. Il est difficile d’en définir une emprise  au sol dans cette zone, notamment pour des  évènements exceptionnels puisqu’ils restent rares et donc moins connus en comparaison  d’évènements plus fréquents. Il faut alors se fier à des détails dans la végétation qui donnent des clés pour la délimitation de ces secteurs dangereux. Ces zones d’arrivées sont situées en vallées et la gestion de l’urbanisation et du développement territorial devient alors complexe.

 

 

Différents types d'avalanches

Communément, il est admis que les avalanches sont classées en 3 catégories distinctes. Toutefois, il n'est pas rare que les avalanches changent, se transforment, se combinent pour devenir ses avalanches mixtes.

Avalanche de poudreuse

L’avalanche de neige poudreuse est un phénomène très spectaculaire se produisant dans des conditions météorologiques froides. Les flocons de neige froide sont très légers et constituent un manteau neigeux de faible densité, de 50 à 150 kg/m3. Il faut alors de grande quantité de neige pour qu’une avalanche puisse se déclencher. Une fois en mouvement, la neige va accélérer et si la vitesse devient suffisante, un phénomène d’aérosol  va se former et générer de grands nuages de neige, visibles lors d’importantes avalanches de versant. Dans ce cas, l’avalanche est constituée par deux phases différentes :

 -          Une phase aérosol composée par une grande quantité d’air et une petite quantité de neige. Cet aérosol génère des pressions importantes par le déplacement d’air et n’est que peu influencé par la topographie.

 -          Une phase dense composée de grains de neige sèche, suivant globalement la topographie.

Le phénomène de souffle et le nuage aérosol précèdent toujours la phase dense. Le dépôt de neige se produit après le passage de la partie aérienne de l’avalanche.

Une avalanche de neige poudreuse peut atteindre des vitesses vertigineuses, proche des 250 km/h. C’est le souffle de l’avalanche de Montroc qui avait détruit les chalets dans la vallée de Chamonix lors de l’évènement de février 1999, et non pas les dépôts de neige résultants de l’avalanche.

Avalanche de neige lourde

Lorsque la température de l’air devient positive, le manteau neigeux se charge en eau et la neige devient très humide. Elle se compacte et sa densité est alors comprise entre 250 et 500 kg/m3. Ce phénomène de fonte partielle se produit en période de réchauffement, la couche neigeuse s’alourdi alors progressivement jusqu’à atteindre le point de rupture. Ces avalanches concernent souvent la totalité du manteau neigeux avec un plan de glissement qui se situe à l’interface sol/neige. Bien que très puissantes, ces avalanches évoluent à faible vitesse (< 60 km/h) et elles restent souvent bien canalisées par le relief. Il est donc plus facile de donner des limites fiables à leurs emprises, depuis la zone de départ jusqu’à l’extension maximale de la zone de dépôt. L’avalanche se comporte comme un fluide très visqueux et ralentit fortement quand la pente diminue.

Avalanche de plaque

Les avalanches de neige en plaque sont les plus nombreuses. Elles sont le résultat d’une chute neige accompagnée de vent, qui aura pour effet de transformer la cohésion des grains de neige entre eux. On distingue alors les versants dits « au vent » où la neige est arrachée par le vent, des versant dits « sous le vent » où la neige se dépose, avec souvent des cohésions plus fortes que sur les couches inférieures. La densité de ces plaques se situe souvent autour des 300kg/m3 alors que les couches sur lesquelles elles reposent restent plus proche des 100kg/m3. Le départ de l’avalanche est toujours caractérisé par une cassure linéaire qui peut atteindre parfois plusieurs kilomètres. Les conditions météorologiques auront un effet sur la cohésion de la plaque et selon le degré de compactage des grains de neige, la plaque sera plus ou moins résistante. On parlera alors d’avalanche de plaque friable pouvant se transformer en avalanche de poudreuse et d’avalanche de plaque dure qui gardera l’aspect de chaos de bloc au moment du dépôt.

Facteurs de déclenchement

Une avalanche se déclenche toujours quand son poids devient supérieur à la force de frottement des différentes couches du manteau neigeux ou même directement sur le sol. Ainsi, ces déclenchements se produisent soit par augmentation du poids du manteau neigeux, soit par diminution des forces frottements statiques au niveau de la couche fragile.

Les avalanches dans les Hautes-Alpes

Bien évidemment, les secteurs les plus exposés aux avalanches sont les zones de haute montagne qui sont principalement regroupées dans le Nord du département, avec des massifs particulièrement pentus. L’épisode avalancheux du Queyras et de la Clarée en décembre 2008 reste la dernière période marquante dans la gestion de ce type de risque. De nombreux accès aux villages avaient été coupés et des bâtiments avaient été endommagés par des avalanches de neige poudreuses de grande ampleur. Certains bâtiments ont même été détruits, comme ce fut le cas dans le hameau de Valpreyvère, où une chapelle vieille de plus de deux siècles avait été complètement soufflée. La dernière avalanche mortelle (hors des pratiques de la montagne) reste néanmoins assez ancienne, puisqu’elle s’est produite en 1946 dans le hameau de l’Echalp sur la commune de Ristolas.

Pour en savoir plus

Liens web :

Dossier d’information sur Prim.net

Document Départemental sur les Risques Majeurs des Hautes Alpes concernant les avalanches

Dossier d’information sur le site du memento du maire

http://www.irstea.fr/nos-editions/dossiers/risque-avalanche-amenagement-territoire

 Ressources :

Accès au dossier d’information

 Photothèque :

Evénements passés ou actifs sur le territoire du Pays du Grand Briançonnais